Peugeot 304 estate : histoire, caractéristiques et fiabilité

Peugeot 304 estate : histoire, caractéristiques et fiabilité
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Nous abordons aujourd’hui un modèle emblématique de l’histoire automobile française qui mérite amplement qu’on s’y attarde. La Peugeot 304 break incarne cette époque où les constructeurs hexagonaux dominaient encore leur marché domestique avec des véhicules polyvalents et abordables. Lancée en 1969, cette version familiale s’inscrit dans une stratégie commerciale prudente mais redoutablement efficace. Contrairement à la révolutionnaire 204 qui avait bousculé les codes, ce modèle représente plutôt une évolution maîtrisée, servant intelligemment de chaînon entre la compacte 204 et la routière 504. Cette approche permettait au Lion de Sochaux d’élargir sa clientèle sans engloutir des budgets pharaoniques, à l’inverse de Citroën qui dépensait sans compter pour développer la GS. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 178 423 exemplaires produits entre 1969 et 1979, dont 849 103 berlines, témoignent du succès commercial de cette gamme. Le break est introduit dès 1971, reprenant paradoxalement une longueur inférieure de 15 cm à celle de la berline, atteignant ainsi 396,9 cm contre 414 cm.

Points essentiels Précisions complémentaires
🚗 Modèle familial polyvalent lancé en 1969 Chaînon entre la 204 compacte et la 504 routière
📊 Succès commercial remarquable Produire 1 178 423 exemplaires entre 1969 et 1979
🔧 Plateforme technique issue de la 204 Moteur XL3 de 1 288 cm³ développant 65 chevaux
📦 Break apprécié des professionnels Offrir 1,5 m³ de capacité de chargement utile
🌍 Échec commercial aux États-Unis Retirer du marché en 1972 après seulement 4 269 ventes
🏆 Intérêt croissant des collectionneurs Représenter une excellente entrée en collection abordable et fiable

Une architecture technique éprouvée et des motorisations diversifiées

Nous observons que la plateforme technique emprunte largement à celle de la 204, avec un simple rallongement du coffre pour la version berline. Cette récupération ingénieuse permettait à Peugeot de proposer un véhicule à moindre coût de développement, une stratégie qui s’avérera payante lors des rachats successifs de Citroën puis Chrysler Europe. Esthétiquement, la version familiale arbore une ligne inspirée de la 504, avec notamment deux paires de feux arrière hexagonaux conférant une impression de montée en gamme. La longueur accrue procure une allure plus cossue, renforçant le positionnement intermédiaire du modèle.

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Sur le plan mécanique, le moteur XL3 de 1 288 cm³ développe 65 chevaux et 7 CV fiscaux, couplé à une boîte manuelle à quatre rapports. Cette motorisation remplace avantageusement le XK de 1 130 cm³ et 53 chevaux équipant la 204. Nous constatons qu’en 1973, une version S plus musclée débarque sur la berline, forte de 74,5 chevaux. L’année 1976 marque l’arrivée du diesel 1 347 cm³ de 45 chevaux, ainsi que du XK4 essence 1 127 cm³ développant 57 chevaux, deux blocs hérités de la 204. Le break diesel constitue d’ailleurs une option particulièrement appréciée des professionnels, bien que ces moteurs Indenor dérivés de blocs essence se soient révélés moins fiables sur la durée en raison des vibrations importantes. Un entretien rigoureux s’avérait donc indispensable pour préserver la mécanique.

Caractéristique Valeur
Longueur 396,9 cm
Largeur 156,8 cm
Empattement 259,1 cm
Poids 940 kg
Capacité de chargement 1,5 m³
Vitesse maximale 138 km/h

L’évolution de la gamme et les tentatives d’expansion internationale

Nous retraçons ici l’histoire commerciale mouvementée de cette lignée familiale. En 1970, Peugeot transforme les coupé et cabriolet 204 en versions 304, simplement en installant le moteur XL3 sous le capot. Ces variantes sportives resteront au catalogue jusqu’en juillet 1975. Un restylage intervient en 1973 avec de nouveaux feux arrière rectangulaires, un toit rehaussé et un nouvel accastillage du tableau de bord. La même année apparaît une version fourgonnette tôlée à trois portes, destinée essentiellement aux artisans et produite à 34 303 exemplaires entre 1976 et 1980.

L’aventure américaine mérite qu’on s’y attarde. Dès 1970, la gamme est commercialisée hormis-Atlantique en versions Sedan ou Station Wagon, aux côtés de la 504. Malgré des modifications pour respecter la législation locale, l’opération se solde par un cuisant échec avec seulement 4 269 exemplaires écoulés avant le retrait du marché en 1972. Cette tentative infructueuse rappelle que certains modèles, comme certaines déclinaisons de la 208 ultérieurement, ne sont pas tous destinés au succès commercial. L’arrivée de la 305 en 1977 n’annonce pas immédiatement la fin de carrière : la berline reste cataloguée jusqu’en 1979 et le break jusqu’en mai 1980.

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Peugeot 304 estate : histoire, caractéristiques et fiabilité

La clientèle professionnelle et l’attrait pour les collectionneurs

Nous constatons que la version break conquiert rapidement le cœur des artisans et agriculteurs français. Sa fiabilité reconnue, héritée de la réputation des Peugeot de cette époque, combinée à une capacité de chargement de 1,5 m³ surpassant concurrents Simca, Ford et Triumph, explique ce succès auprès des professionnels. La motorisation diesel, bien qu’économe en carburant, offrait des performances modestes avec une vitesse maximale ne dépassant guère 131 km/h après le passage à 1 357 cm³. Les caractéristiques techniques révèlent une suspension soignée avec roues indépendantes à l’avant type McPherson et bras tirés à l’arrière, garantissant un confort appréciable sur les longues distances.

Aujourd’hui, nous observons que principalement les versions coupé et cabriolet attirent les collectionneurs. L’anecdote concernant Jacques Chirac, propriétaire d’un cabriolet ayant servi à une séance de communication mémorable il y a 45 ans, illustre l’aura de ces variantes. Néanmoins, le break conserve un charme indéniable avec son intérieur aux tissus surannés et sa ligne classique de mini-504. La préservation des pièces d’origine constitue d’ailleurs un enjeu crucial pour maintenir ces véhicules en état. Pour qui souhaite entrer en collection automobile sans se ruiner, ce modèle représente une excellente opportunité. Sa conduite moderne pour l’époque et sa fiabilité mécanique globalement satisfaisante en font un véhicule utilisable au quotidien lors de sorties occasionnelles, contrairement à certaines anciennes plus capricieuses.

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